Les journalistes congolais, réunis au sein de leurs organisations professionnelles, ont signé jeudi à Kinshasa un acte d’engagement citoyen visant à promouvoir un journalisme responsable en période de crise, à l’occasion du Forum sur l’engagement citoyen des médias pour la paix et la cohésion nationale organisé en prélude à la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse prévue le 3 mai 2026.
Cette rencontre a rassemblé plusieurs acteurs du secteur médiatique, des représentants des associations de journalistes, des responsables des organes de presse ainsi que des partenaires impliqués dans la défense de la liberté d’expression et de la paix sociale en République démocratique du Congo.
Les participants ont réaffirmé leur volonté de contribuer à la stabilité du pays à travers une pratique journalistique fondée sur l’éthique, la responsabilité et le respect des principes professionnels.
Dans leur déclaration commune, les professionnels des médias ont insisté sur la nécessité de lutter contre la désinformation, les discours de haine, les manipulations de l’information ainsi que les contenus susceptibles d’alimenter les tensions sociales et politiques.
Ils ont également appelé les journalistes congolais à privilégier la vérification des faits, la neutralité dans le traitement de l’information et la promotion des valeurs de paix, de dialogue et de cohésion nationale.
Les signataires de cet acte d’engagement citoyen ont reconnu le rôle stratégique des médias dans un contexte marqué par plusieurs défis sécuritaires, politiques et sociaux auxquels fait face la République démocratique du Congo.
Selon eux, la presse doit demeurer un instrument de sensibilisation, d’éducation citoyenne et de consolidation de la démocratie, particulièrement en période sensible.
Au cours des travaux, les participants ont aussi adopté un plan de sauvetage de la presse congolaise articulé autour de dix propositions prioritaires destinées à renforcer le secteur médiatique national.
Ce document met notamment l’accent sur l’amélioration des conditions de travail des journalistes, la protection de la liberté de la presse, l’accès équitable à l’information publique, la professionnalisation des médias ainsi que le renforcement des mécanismes d’autorégulation.
Parmi les principales recommandations figurent également le soutien à la formation continue des professionnels des médias, la modernisation des entreprises de presse, l’accompagnement des médias publics et privés confrontés à des difficultés économiques ainsi que la mise en place d’un environnement favorable à l’exercice libre et sécurisé du métier de journaliste.
Les organisations professionnelles présentes ont, en outre, validé un cahier de charges relatif au soutien opérationnel et institutionnel des médias congolais. Ce document vise à mobiliser l’appui des pouvoirs publics, des partenaires techniques et financiers ainsi que des organisations nationales et internationales en faveur du développement du secteur médiatique en RDC.
Pour les participants, la signature de cet engagement constitue une étape importante dans la promotion d’une presse responsable et engagée en faveur de la paix sociale. Ils ont estimé que les médias congolais ont un rôle déterminant à jouer dans la consolidation de l’unité nationale, particulièrement dans un contexte marqué par la circulation rapide des informations sur les plateformes numériques et les réseaux sociaux.
Cette initiative intervient quelques jours avant la célébration mondiale de la liberté de la presse, une journée consacrée à la défense de l’indépendance des médias, à la sécurité des journalistes et à la promotion du droit à l’information.
Cyrille bolebu.